GRÈVE : LES 16 SYNDICATS DE L’ÉDUCATION APPELLENT LEURS MEMBRES À SE DÉPARTIR DE TOUTE GRÈVE.

Ceci est une déclaration du groupe des 16 syndicats (G16) qui ont marqué leur accord à accompagner le gouvernement de façon convenable pour la validation de l’année scolaire 2019-2020.

DECLARATION DU G16

Le Burkina Faso est marqué depuis le début de cette année par la montée de la fronde sociale du fait de la volonté du gouvernement de faire appliquer de façon unilatérale l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs de la fonction publique à travers la loi de finance 2020. Si les travailleurs consentent de façon patriotique à céder leur part d’impôt sur les salaires depuis l’institution de l’impôt unique sur les traitements et salaires, son extension sur les primes et indemnités s’est faite dans des conditions non consensuelles que nous avons relevées à travers nos déclarations antérieures.

Le G16 reste donc sur sa position en réitérant la nécessité pour le gouvernement de renoncer à ce projet impopulaire en ouvrant des débats avec l’ensemble des acteurs concernés et il sera édifié par les arguments en notre possession. Le gouvernement, gagnerait à écouter ses travailleurs sur ce point, ce qui créera un climat social apaisé, gage d’une bonne cohésion sociale et d’un élan à la construction de la nation.


L’année 2020 s’est également illustrée par l’apparition de la maladie à corona virus depuis le 9 mars 2020 au Burkina Faso. Cette maladie a touché dix (10) régions au moins du pays avec plus de 1000 cas confirmés dont cinquante-trois (53) décès, selon les dernières statistiques. C’est le lieu pour nous de féliciter les agents de santé qui malgré les conditions de travail précaires se battent chaque jour pour répondre aux besoins des populations en matière santé en général et en particulier pour bouter la maladie de la covid19 hors du Burkina. Nous interpellons le gouvernement à accorder une attention particulière sur les mesures barrières et l’accompagnement nécessaire aux personnels de santé dans cette lutte contre la covid19.

En effet, ces milliers d’hommes et de femmes ne devraient aucunement souffrir de manque d’appuis financiers et matériels dans leur noble tâche.

Afin de réduire la propagation de la covid19, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures parmi lesquelles la fermeture des établissements d’enseignement préscolaire, primaire, post- primaire et secondaire, professionnel et universitaire pour compter du lundi 16 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire national.

Aussi, la suspension des activités pédagogiques a des répercussions négatives sur la qualité des apprentissages des élèves/apprenants et sur la consolidation de leurs acquis scolaires.


L’ensemble des mesures prises ont désarticulé l’année scolaire laissant même planer le spectre de l’année blanche au Burkina Faso, laquelle situation constituerait un coup fatal pour notre système éducatif. Il a fallu attendre le 27 mai 2020 pour que le gouvernement se décide à valider l’année scolaire pour les élèves du préscolaire, du primaire, du post primaire et secondaire en ce qui concerne les classes intermédiaires. Pour les classes d’examen, les cours ont repris à partir du 1er juin 2020. Les dates retenues pour les examens sont respectivement le 14 juillet 2020 pour le CEP, le CAP, le BEPC, le BEP ; et le 3 aout 2020 pour le baccalauréat et le bac pro. Les mesures barrières sont exécutées en mettant à la disposition des apprenants et des enseignants des masques lavables, du savon et en observant la distanciation physique.

Si cette mesure de validation de l’année scolaire ne positionne pas le système éducatif burkinabè aux palmes des meilleurs systèmes éducatifs au monde, elle est un pis-aller pour le Burkina Faso dont l’école agonise depuis un certain temps sous le poids des réformes inachevées et des conditions difficiles de travail et d’apprentissage. Au demeurant, avec une concertation franche et des compromis de part et d’autre, des efforts pourront être faits pour rattraper les lacunes et permettre aux apprenants d’évoluer convenablement dans leur cursus scolaire au cours des années à venir et cela à partir de la rentrée scolaire 2020 /2021.

S’il est vrai que les décisions prises par le gouvernement pour l’achèvement de l’année scolaire ont été marquées par des positions divergentes au sein des acteurs de l’éducation, il faut retenir que l’intérêt général devrait l’emporter sur tout, et que les désaccords qui nous opposent au gouvernement ne peuvent être, de notre point de vue, des arguments valables pour saper l’avenir de milliers d’élèves du Burkina Faso.


C’est pourquoi, tout en rappelant notre détermination à user de tous les moyens légaux pour faire arrêter l’élargissement de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs de la fonction publique, le groupe des 16 vient une fois de plus :


• Condamner l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs de la fonction publique ;
• Exiger du gouvernement l’apurement de la dette sociale sans faux-fuyant et l’achèvement de l’application des protocoles d’accord signés d’une part avec la CNSE et d’autre part avec les syndicats de la santé dans les plus brefs délais ;
• Saluer l’engagement consciencieux de nos milliers de militantes et militants de l’éducation déterminés pour la finalisation de l’année scolaire ;
• Inviter les camarades à tout mettre en œuvre pour la finalisation réussie de l’année scolaire par leur pleine participation aux examens et concours scolaires pour l’intérêt du peuple burkinabè.


Par conséquent, le G16 invite les travailleuses et travailleurs à se départir de toute action tendant à mettre en péril l’intérêt du peuple burkinabè. Par ailleurs, il invite ses militantes et militants à rester à l’écoute et à se tenir prêts pour les actions à venir.

Vive la liberté d’expression !
Vive les luttes syndicales justes et patriotiques !
Ouagadougou, le 6 Juillet 2020.


Ont signé :
SAIB : 
OUEDRAOGO Pascal
SATEB : 
ZONGO Bernard
SYNAVS : 
DIPAMA Charles
FESEB : 
SOME Y Séraphin M.C
SNESS : 
ZONGO Anatole
SPESS : 
LANKOUANDE Arouna
STAGE : 
BONKOUNGOU R. Jean Baptiste
SYNATRENF :
 SIA Z. Patrice
SYNETI : 
KAFANDO P.M. Claver
SNEP : 
ZANGRE Pierre
SYNATRAS : 
SAWADOGO S.K.Alexandre
SYNAPEP : 
BELEM Bonaventure
SNEA-B : 
TRAORE SIAKA
SYNAPOSPB :
 KIEMTORE Moktar
SYNAPEP-B :
 KABORE Jerôme
SYSFMAB :
Honorine KABRE

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