Awa Yanogo « En cas de malformation grave du fœtus, de grossesses issues de viol ou de relations incestueuses, l’avortement est autorisé »

Dans le soucis de renforcer la capacité des hommes et femmes de Médias sur les textes en lien avec les conditions d’interruption sécurisée de grossesses au Burkina Faso,la Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive (CAPSSR), avec l’appui technique et financier de PATHFINDER INTERNATIONAL à travers le projet RESOnance, a initié une session de formation. C’était les 22 et 23 octobre 2020 à Kombissiri.

Au Burkina Faso, l’avortement est interdit. Il est même passible de peine d’emprisonnement allant de 1 à 5 ans pour toute personne s’adonnant à cette pratique. Cependant, il existe certains cas ou l’avortement est autorisé par la loi burkinabè. Malheureusement cette disposition de la loi est quasiment inconnue des Burkinabè. Dans le souci de donner l’information juste et vraie au public, la Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive (CAPSSR), avec l’appui technique et financier de PATHFINDER INTERNATIONAL à travers le projet RESOnance, a organisé une session de formation de clarification de valeurs et de transformation d’attitudes à l’endroit des hommes et femmes de médias. L’objectif, renforcer leurs capacités sur les textes en lien avec les conditions d’interruption sécurisé de grossesses au Burkina Faso.
Dans son exposé, Yanogo Awa, Juriste a indiqué qu’il existe plusieurs types d’avortement, notamment : « les Avortements spontanés, les Avortements provoqués (Avortements provoqués clandestins et Avortements thérapeutiques),les Avortement à risque, Avortements provoqués clandestins, les Avortements thérapeutiques compliqués et les Avortements spontanés compliqués ». Toutefois, à en croire la juriste, La majeure partie des avortements est provoquée et se déroule dans la clandestinité face à une législation assez rigide. « Le ministère de la Santé affirme que plus d’un quart (25%) de la mortalité maternelle au Burkina Faso est imputable à l’avortement non sécurisé, une proportion extrêmement élevée, particulièrement, si on la compare au taux mondial de 13% », a-t-elle laissé entendre.

Les conditions d’accès à l’avortement sécurisé
Toujours selon Awa Yanogo, la loi au Burkina Faso autorise l’avortement dans les cas suivant : « en vue de préserver la vie et la santé de la femme ,en cas de malformation grave du fœtus et en cas de grossesses issues de viol ou de relations incestueuses ». « La loi 025 portant code pénal ainsi que la loi sur la santé de la reproduction adoptée en 2005 spécifient que deux médecins doivent attester de la nécessité thérapeutique d’un avortement, alors qu’un procureur public doit établir un lien de causalité dans le cas du viol », a-t-elle indiqué
Les données provenant d’une étude récente montrent que 105000 avortements ont eu lieu au Burkina Faso en 2012, et qu’approximativement 50% d’entre eux ont été suivis de complications .Le taux d’avortement national était de 25 pour1000 femmes âgées de 15 à 49 ans (sourceISSP-Guttmacher2012)

Frédéric TIANHOUN

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